Institut Turgot au service de la liberté
Une dangereuse amnésie

Une dangereuse amnésie

L'Institut Turgot n'est pas un institut économique mais un institut libéral :  c'est pourquoi,  comme tous les autres instituts libéraux du monde,  il aborde régulièrement les questions de justice  et de droit,  lorsque ceux qui participent à ses travaux  en ont la compétence ;  c'est aussi pourquoi il se doit,  toujours dans la mesure de ses moyens, de traiter toutes les menaces qui pèsent sur la liberté,  y compris celle des autres,  et y compris quand elles  proviennent d'un autre Etat que le sien  ou traduisent en partie ses tentatives d'influence.  Ainsi,  il a présenté une perspective libérale sur le conflit au moyen-orient ; de même,  il prépare  un colloque  sur  l'Islam et le libéralisme qui devra bien aborder  le rôle des organisations  qui fomentent  des entreprises violentes pour asservir l'humanité.
Dans ce texte présenté  au début du mois de juin 2006 [1]  Françoise Thom,  agrégée de russe et  maître de conférences en histoire  à la Sorbonne,  expose les efforts  actuels d'un gouvernement étranger  pour minimiser le caractère criminel d'une de ces tentatives récentes d'asservissement,  auquel nombre de ses membres a d'ailleurs participé. Elle contribue  ainsi à nous éclairer sur la nature du gouvernement en question,  dont un prochain article, déjà paru dans Commentaire, exposera les tentatives pour monopoliser notre approvisionnement en énergie.
F. G.



Le 26 janvier,  un événement considérable s'est produit,  que les médias occidentaux  ont à peine remarqué :  l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe  a voté une résolution condamnant l'ensemble des états communistes totalitaires,  y compris  celui de l'ancienne URSS.  Le plus surprenant est que cette résolution ait été votée si tardivement,  plus de quinze ans après l'effondrement du bloc communiste.  En fait,  si l'on tient compte de l'âpre bataille qu'il a fallu mener pour faire adopter cette résolution,  qu'on l'ait votée  ressemble à un miracle  (la Résolution de l'APCE approuvant le rapport n'est passée qu'avec  81 voix pour, 70 voix contre,  certains membres s'abstenant).

Cela nous amène à nous demander  pourquoi le communisme,  à la différence du nazisme,  jouit encore  d'une amnésie si répandue,  en Russie et en Occident.  Les crimes du communisme ont toujours besoin qu'on les juge d'un point de vue moral aussi bien qu'historique.
Les raisons de cette réticence sont nombreuses et variées.  Elles sont différentes  en Russie et en Occident,  et il y a lieu de les traiter séparément.

La Russie

Commençons par le débat qui a conduit au vote  de la résolution de l'APCE mentionnée plus haut :  c'est des représentants de la Russie  qu'est venue  la principale opposition  à l'adoption de ce document.
La délégation russe,  d'origines politiques diverses,  a présenté  un front uni contre cette maudite  résolution.  Le désir  de contrer les Européens  a soudé entre eux des adversaires politiques tels que les Communistes,  la Russie Unie et le Parti de la Patrie.



    "Nous allons tous voter contre la résolution,  même si c'est pour des raisons différentes"


disait le député  Konstantin Kosatchev.  Kosatchev,  chef de la Commission des affaires Internationales  de la Douma d'État,  a prétendu que tous les régimes communistes n'avaient pas été criminels et violents,  sans toutefois faire savoir où il plaçait l'Union soviétique à cet égard.


"Tout ce qui est rouge n'est pas du sang,  il  peut aussi y avoir du jus de tomate, M. Lindblad",


a-t-il lancé  au rapporteur  au cours du débat public [2].  En outre,  Kosatchev  s'est plaint que le rapport cherchait à  attribuer à l'URSS  une part de responsabilité dans le déclenchement de la Seconde guerre mondiale  et dans la division de l'Europe.

Finalement,  il a prétendu qu'on ne pouvait pas associer l'idéologie communisme à l'idéologie nazie  sous la catégorie du "totalitarisme".  Excusant implicitement la première,  Kosatchev a insisté pour qu'on ne mette pas les deux  sur un pied d'égalité.

"Quel droit avez-vous de condamner le communisme,  alors que la Russie a gagné la Grande guerre patriotique [la seconde guerre mondiale] sous la bannière du Parti communiste ?"

a pour sa part demandé  avec indignation Ziouganov  le chef du Parti communiste à la commission politique.

C'est dans la même veine qu'à Moscou,  Sergueï Markov,  consultant politique  lié  au Kremlin,  a critiqué le rapport de l'APCE.  Il a appelé ce document

"Un mauvais coup contre la Russie comme successeur de l'Union Soviétique communiste".


Essayons d'imaginer  un seul instant des dirigeants allemands qui décriraient les condamnations du nazisme comme "de mauvais coups contre l'Allemagne contemporaine"


En outre,  à en croire ce Markov,  l'APCE  tenterait

"de soutenir les régimes antidémocratiques des États baltes, de l'Ukraine et de la Géorgie,  dont la légitimité repose sur l'anticommunisme"  [3].

Essayons d'imaginer  un seul instant des dirigeants allemands qui décriraient les condamnations du nazisme comme "de mauvais coups contre l'Allemagne contemporaine",  qui se sentiraient insultés par l'association du nazisme  au communisme  comme des idéologies totalitaires [4].

Les remarques de Kosatchev  et Markov nous fournissent un aperçu de la manière dont la Russie traite  son passé communiste,  ainsi que  des raisons qui sous-tendent l'attitude russe.  On identifie  le système communiste  avec l'empire russe ; attaquer le communisme revient à affaiblir l'État russe.  Et c'est l'ambition impériale qui est le principal motif de la négation des crimes communistes par les Russes.

Des ouvrages historiques récents  montrent jusqu'où ce processus est allé en Russie,  et par quels  procédés  on escamote les crimes du communisme.
Sous Poutine,  c'est une vaste entreprise de réhabilitation de Staline qui est en cours,  tendance dont deux livres donnent une parfaite illustration :  la biographie monumentale de Staline par  V. Karpov , [5],  et les travaux de Youri Joukov sur les purges des années 30 [6].
Dans le livre de Karpov,  Staline  est dépeint comme un patriote russe,  comme le bâtisseur de la superpuissance russe  qui a vaincu aussi bien la tentative "sioniste"  de prendre le contrôle de la Patrie sous Lénine,  et l'attaque occidentale contre la Russie menée par Hitler  (à l'évidence,  l'auteur pense que le premier exploit devrait valoir à Staline une gratitude particulière de la postérité).  L'idéologie communiste s'y interprète comme un instrument dont Staline se sert pour réaliser des ambition géopolitiques entièrement légitimes.  Quant aux purges,  il les justifie par la présence  de véritables ennemis de l'État russe.
Dans le livre de Joukov,  nous trouvons une approche semblable,  quoique moins obsédée par le thème du "sionisme".  Joukov décrit Staline comme un démocrate,  dont le programme réformiste  était bloqué par un Politburo "conservateur"  en 1937.

Ces deux auteurs ne sont pas des marginaux,  leurs ouvrages se répandent  partout.  Leur position principale,  qui met l'accent sur la "géopolitique"  et ne tient aucun compte du facteur idéologique,  est aujourd'hui commune  à la plupart des historiens russes.

Joukov décrit Staline comme un démocrate,  dont le programme réformiste  était bloqué par un Politburo "conservateur"  en 1937.

Les conséquences de cette représentation faussée,  édulcorée du stalinisme,  sont très graves.  L'agressivité du régime communiste,  aussi bien à l'intérieur que dans les relations internationales,  est passée sous silence.


La responsabilité de la guerre froide y incombe principalement à l'Occident. Si le régime soviétique  a bâti tant d'admirables réalisations  il faut que son effondrement ait été dû à un complot extérieur,  par la faute d'une moindre vigilance après la mort de Staline. L'émancipation des voisins de la Russie ne peut s'expliquer que par les activités occultes  d'agents de l'étranger,  infiltrés dans les ONG.

Cette persistence  de la vision stalinienne du monde  est évidente  dans de nombreux discours récents  du Président Poutine.  Dans le premier discours  qu'il a tenu après la prise d'otages à l'école de Beslan,  Poutine  déclarait :  "Nous avons été faibles, et les faibles se font battre" ; c'était un écho de Malenkov en 1946 :

"Nous devons rester forts parce que nous savons ce qui arrive aux faibles :  ils sont battus".  

À en croire Poutine,  les efforts pour "arracher un gros morceau de notre pays"  seraient soutenus par ceux qui

"pensent que la Russie,  en tant qu'une des plus grandes puissances nucléaires du monde,  demeure une menace, et que cette menace doit être éliminée".

Vladislav Sourkov,  l'idéologue en chef de Poutine,  était encore plus direct :

"L'intervention étrangère cherche  à détruire l'État russe... nous devons comprendre que l'ennemi est à nos portes".

Lors de son septième  discours annuel  il y a quelques semaines,  Poutine en appelait à un réarmement pour contrer la puissance du "Camarade Loup,  qui n'est pas près  d'écouter qui que ce soit" - le Camarade Loup étant les États-Unis. Comme on s'en souvient,  lors de rencontre avec des étrangers  ou des membres du Politburo,  Staline dessinait des loups  sur ses bloc-notes,  représentant ses ennemis.  Il semble que l'imagination de Poutine fonctionne suivant les mêmes principes.

Le désir de réécrire l'histoire et,  pire encore,  d'imposer cette fausse interprétation du passé  aux historiens occidentaux,   est évident dans l'article récent du Ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov  dans Rossiiskaya Gazyeta (6 mars   2006).
Lavrov ne nous y enseigne-t-il pas que

"La dérive vers la guerre froide,  comme l'ont confirmé les documents d'archives et les études d'historiens objectifs,  était à tout le moins un processus dans les deux sens,  pour lequel  les États-Unis et la Grande-Bretagne  portaient une grande part de responsabilité.  C'est en réalité le choix qu'ils ont fait,  à partir de prémisses dont la plupart n'ont pas été justifiées,   qui a lancé la création du nouvel ordre mondial bipolaire.

"La politique de l'URSS dans la deuxième moitié des années 1940,  si dure qu'elle ait été,  était à bien des égards défensive  et avait à sa manière  un caractère constant et prévisible. [...] Elle visait à créer une ceinture protectrice  d'États bien disposés  le long de ses frontières occidentales,  accédant à l'Océan du monde  et garantissant la plus grande profondeur défensive  tout au long du périmètre"

Or cela,  c'est exactement la propagande  qu'on avait fait avaler au gouvernement Roosevelt,   y compris l'emploi des mots "États bien disposés",  ce qui voulait dire  des satellites  asservis au communisme !   Mais revenons donc à la leçon d'histoire  de Maître Lavrov :

"Pendant la guerre,  les États-Unis et la Grande-Bretagne  avaient montré une attitude tolérante vis-à-vis des demandes géopolitiques de l'URSS,  reconnaissant la légitimité de ses intérêts sécuritaires  et adhérant au projet d'intégrer l'URSS dans la communauté occidentale.  Or,  la victoire  a radicalement changé  l'attitude des alliés  vis-à-vis des intérêts sécuritaires de l'URSS."

Encore une fois,  pas un mot de la brutale communisation de l'Europe de l'est par Staline,  qui était la véritable cause de la guerre froide.  Il y attribue le changement d'attitude  des pays occidentaux au fait qu'elles n'avaient plus besoin de l'URSS pour battre l'Allemagne.  Et finalement Lavrov  a le culot de rendre l'Occident responsable  du régime totalitaire en Russie,  laissant entendre que s'il avait donné à Staline ce qu'il voulait,  en évitant la "confrontation",  l'URSS serait devenue une démocratie modèle.


"La politique d'isolement et d'affaiblissement de l'URSS par la course aux armements,  dans laquelle l'Occident s'était lancée,  a imposé de dures épreuves  au peuple soviétique  et prolongé  l'existence du système stalinien.  Les conditions d'un 'encerclement hostile',  et une menace constante pour la sécurité du pays,  fournissaient aux autorités la justification pour un contrôle total de la société,  et pour l'inefficacité économique du système."

Primakov se décrit sans vergogne,  avec ses collègues  de l'IMEMO,  comme des "dissidents de l'intérieur".

La géopolitique n'est pas le seul procédé employé  pour camoufler la nature criminelle du régime soviétique :  de nombreux auteurs russes  tentent aussi de nier l'essence totalitaire du communisme :  ils dépeignent  un "pluralisme" régnant en Union soviétique,  y compris au niveau du Comité central.

Dans ses mémoires, Primakov se décrit sans vergogne,  avec ses collègues  de l'IMEMO,  comme des "dissidents de l'intérieur"  [7],  qui essayaient en vain de réformer le système soviétique au cours des années 1970.  Primakov explique carrément  pourquoi cette version-là  est importante :  c'est la seule manière de sauver le concept de convergence,  d'établir un lien avec la gauche occidentale.  Il y décrit le système soviétique comme "pluraliste"  et donc ne différant pas par nature  d'une démocratie occidentale.  Une fois  qu'on accepte ce postulat,  la guerre froide ne devient plus qu'une rivalité géopolitique entre deux superpuissances moralement équivalentes.

La direction russe tente aujourd'hui d'imposer en Occident  cette interprétation révisionniste du passé.  Moscou possède un atout à cet égard,  l'ouverture sélective des archives :  par exemple,  on présente aux historiens  d'obscurs mémorandums  de Litvinov ou Maïski  comme des preuves qu'il existait des opinions "modérées" dans la nomenklatura stalinienne,  pour illustrer la structure "pluraliste" de l'URSS.
On encourage toutes sortes d'études sociologiques consacrées à l'Union soviétique sous Staline ;  en revanche,  les documents associés  au coeur maléfique  du pouvoir soviétique,  les archives personnelles de Staline,  on les garde toujours sous le manteau et  l'on a bien l'impression que le Kremlin regrette amèrement aujourd'hui  que tant de dossiers importants  aient été si imprudemment mis à la disposition  des historiens  à l'époque de Yeltsine.

la dissimulation des crimes communistes,  la négation de l'essence totalitaire du régime soviétique sont liées aux tendances chauvines et impérialistes qui fleurissent sous Poutine.  C'est le refus  de regarder le passé en face  qui a conduit à l'émergence d'un État du KGB

Ainsi,  dans la Russie contemporaine,  la dissimulation des crimes communistes,  la négation de l'essence totalitaire du régime soviétique  sont liées aux tendances chauvines et impérialistes  qui fleurissent sous Poutine.  C'est le refus  de regarder le passé en face  qui a conduit à l'émergence d'un État du KGB.
Le Kremlin se trompe gravement  s'il pense que brouiller le passé  renforce la Russie sur la scène internationale :  au contraire, cette attitude renforce la méfiance des voisins de la Russie vis-à-vis de Moscou.  Elle condamne  la Russie à répéter les erreurs du passé,  à surestimer les avantages de la force et de la manipulation,  à mépriser les petits États et l'Europe,  à une obsession anti-américaine,  à cultiver les relations avec les États-gangsters, et à développer les alliances avec des pays comme la Chine,  potentiellement plus dangereux pour la Russie  que le monde occidental.

L'Occident


Au cours du débat sur la résolution de l'APCE, la délégation de Russie  a rallié le soutien d'un contingent substantiel de socialistes européens de gauche,  de gauchistes purs et durs,  et de communistes résiduels pour combattre le rapport.   Au cours des négociations qui ont précédé le vote,  ce bloc-là  s'est arrangé pour supprimer ou pour diluer certaines formulations du rapport,  allant jusqu'à expurger des références directes  à l'Union soviétique. Et lorsque la résolution a été votée,  cette gauche-là a dénoncé l'"euro-maccarthysme" :

"ceci n'est rien d'autre qu'une chasse aux sorcières à la McCarthy  sur une grande échelle à travers l'Europe,  une réécriture de l'histoire  et une offensive de propagande déchaînée  contre l'idéologie  communiste et ouvrière",

s'indignait dans le Guardian Peter Symon, Secrétaire Général du parti communiste d'Australie  [8].

ce bloc-là  s'est arrangé pour supprimer ou pour diluer certaines formulations du rapport,  allant jusqu'à expurger des références directes  à l'Union soviétique

En Occident,  l'amnésie des crimes communistes  peut s'expliquer par les raisons suivantes :
Le romantisme révolutionnaire,  la fascination pour l'idée de révolution elle-même  sont plus vivantes que jamais, et pas seulement en Amérique latine.  Dans un pays comme la France,  toute révolte,  toute protestation,  si absurde qu'ils soient,  sont consacrées  par  cette aura de rébellion.  C'est avec révérence que les médias  mentionnent  toute grève,  tout barrage  organisé  par des groupes protestataires.   Même les saccages de novembre dans les banlieues,  les médias  les ont présentés  comme une légitime "révolte" contre l'inégalité. Et ce romantisme révolutionnaire sert d'excuse aux horreurs des révolutions.  Le Communisme  mériterait l'amnistie  à cause de ses nobles idéaux.  Comme le dit Kosatchev,  reprenant beaucoup d'Occidentaux :
"Nous nous opposons principalement à la comparaison du communisme avec le nazisme.  Il y a des différences  évidentes entre ces idéologies.  Le but du nazisme  était le bonheur d'un seul peuple,  le peuple aryen,  aux dépens de tous les autres.  Le communisme  voulait faire le bonheur de tous".

La prégnance de cette propagande peut se mesurer  à la force  de l'anti-américanisme idéologique

La propagande communiste  a laissé des traces profondes,  et d'une certaine manière  elle est encore vivace, même si elle n'est plus orchestrée à partir d'un centre.  Tous les accessoires  de la propagande communiste - l'"antifascisme",  le maccarthysme  présenté comme un équivalent de la terreur stalinienne,   l'"anti-impérialisme",  l'anticolonialisme,  sont toujours intacts.  La prégnance de cette propagande peut se mesurer  à la force  de l'anti-américanisme idéologique.  La nostalgie pour un monde "multipolaire"  joue aussi un rôle dans la minimisation volontaire des crimes communistes.  Et ce n'est pas seulement  à gauche qu'elle est puissante.

La troisième raison est le relativisme moral.  "S'abstenir de juger"  passe pour une vertu démocratique.  Faire une distinction entre le bien et le mal  est contraire  au postulat central de l'enseignement et des média modernes,  comme quoi toutes les opinions seraient équivalentes et auraient le droit d'exister.

On y considère la spoliation comme normale,  la passion égalitariste  a remplacé  l'amour de la liberté,  on accepte  la servitude   au nom des "acquis sociaux"  et de la "solidarité".

Les conséquences de cet état d'esprit  sont très graves,  et elles ne sont nulle part plus visibles qu'en France où,  comme un sondage récent l'a montré,  50 % de la population ne croit pas que la libre entreprise  est le meilleur système pour l'avenir,  et où un noyau dur de léninistes  est encore en position d'influencer  l'ensemble de l'éventail politique.  Le culte de la Révolution française  a conduit à un mépris de l'état de droit  et en particulier pour les Droits de propriété privée.    Rappeler l'expérience communiste  conduirait à poser les questions gênantes.  C'est pour cela que les tentatives des Russes pour réécrire l'histoire  tombent sur un terreau fertile.  C'est  aussi pour ces raisons-là que nous sommes obligés de demeurer des dissidents.


Notes

[1] Contribution à la journée d'études EPP-ED, "The Reunification of European History", 7 -8 juin 2006,  Parlement européen, Bruxelles.
    
[2] Interfax,  25 janvier 2006.

[3] Ibid.

[4] Vladimir Socor, "Council of Europe condemns Communism Over Moscow's Opposition",  Eurasia Daily monitor, 27 janvier 2006.

[5] Vladimir Karpov, Generalissimus, Kaliningrad, 2002.

[6] Youriy Nikolaïevitch Joukov, Inoï Stalin ("L'autre Staline"), Moscou,  2003.

[7] Cf. Yevgueniy Primakov, Vospominaniya : gody v bol'choï politikye ("Mémoires : les années dans la grande politique"),  Moscou, Soverchenno sekretno,  1999.

[8] 25 janvier 2006.



Ecrit par Françoise Thom
Le : 07/07/2006

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04/09/2007
pravochka
Une dangereuse amnésie

Vladislav Sourkov, l'idéologue en chef de Poutine, était encore plus direct :

"L'intervention étrangère cherche à détruire l'État russe... nous devons comprendre que l'ennemi est à nos portes".

Brzezinski le dit lui-meme...alors je ne comprends pas tres bien le sens de cet article. vous voulez proteger les Russes de Poutine (ou Staline) ? La liberte n'est qu'une valeur secondaire ici (en Russie) : contentez vous de proteger votre liberte chez vous (aux USA ca serait sans doute mieux qu'en France, ou l'egalite compte autant que la liberte), merci de pas imposer VOS valeurs a d'autres par les bombes...

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