Institut Turgot au service de la liberté
Microsoft et les bureaucrates

Microsoft et les bureaucrates

par Guy Millière




La plupart de ceux qui pensent à gauche se défient des institutions européennes en disant qu’elles sont des instruments de libéralisation de l’Europe.   L’extrême-droite raisonne d’une manière extrêmement proche et parle du « mondialisme » que la construction européenne voudrait faire triompher.  Une bonne part de la droite dite « modérée» contredit les uns et les autres et déclare qu’au contraire, les institutions de l’Union servent à maintenir une régulation contre les « risques » d’un capitalisme décrété sauvage et anarchique.

J’attribue les positions de la gauche française à un archaïsme invétéré et à une myopie marxiste prononcée. Je déduis du discours de l’extrême-droite une inaptitude totale à comprendre les défis économiques du XXIe siècle. Et c’est, hélas ! la droite dite modérée qui me semble être dans le vrai.

L’UE régule le capitalisme. Elle prétend préserver des « risques ». Malheureusement, et là je me sépare de la droite « modérée », les régulations de l’Union sont asphyxiantes, et la prévention des risques est stérile et destructrice. Les exemples sont innombrables.

L’un, particulièrement scandaleux, se trouve, depuis quelque temps, sous les feux des projecteurs : les amendes infligées à Microsoft. Au moment des grèves et des émeutes de mars dernier, divers journalistes de langue anglaise disaient que ce qui est préoccupant en Europe en général, et en France en particulier, est qu’il n’y ait pas de Steve Jobs ou de Bill Gates, voire qu’il n’y ait même pas de jeunes gens qui rêveraient d’être Steve Jobs ou Bill Gates.

Je partage cet avis, et j’ajoute que ce qui me paraît plus préoccupant encore est qu’il y ait par contre des jeunes gens avides d’entrer dans les rouages bruxellois. L’économie américaine crée des millions d’emplois et une croissance forte année après année, parce qu’elle est essentiellement libre. Les économies européennes ne créent guère d’emploi et de croissance parce qu’elles sont corsetées.

Microsoft est une entreprise américaine, et son dynamisme, sa créativité, sa fécondité sont le fruit de la liberté américaine. Parce qu’elle est actrice de la mondialisation, Microsoft rend service non seulement aux consommateurs américains, mais à ceux du monde entier. Elle en tire de l’argent, mais devrait néanmoins et surtout, être considérée comme bienfaitrice de l’humanité. Qu’elle ait été attaquée aux Etats-Unis par des concurrents moins efficaces constitue déjà un abus de droit. Qu’elle le soit par les instances européennes est quelque chose qui n’a pas de nom.

Que reproche-t-on à Microsoft ? De ne pas avoir divulgué ses codes sources à ses concurrents, ce qui interdirait à ceux-ci de fabriquer des produits compatibles, et d’avoir intégré Media Player à dernière version de Windows.  
La dernière version de Windows sans Media Players est en vente en Europe, mais ne se vend pas, car les clients étaient intéressés par Windows avec Media Player.

Obliger Microsoft à révéler ses codes sources constituait déjà une atteinte aux droits de propriété intellectuelle et une violation des règles de concurrence  (des concurrents efficaces devraient créer des logiciels et systèmes différents,  plutôt que penser à se greffer sur le système Microsoft). Malgré tout, Microsoft a fait ce qu’on lui demandait de faire. On a reproché alors à Microsoft de ne pas prendre l’engagement de révéler les évolutions ultérieures de ses codes sources (le faire serait pour Microsoft une forme de suicide : pourquoi investir dans la recherche si c’est pour divulguer aussitôt le fruit, coûteux, de la recherche ?)


Dans une économie de marché, le consommateur est souverain. Dans une structure étatiste, ce sont les bureaucrates qui sont souverains. Le jugement final sera rendu à la fin de l’année. Si Microsoft sort victorieuse du litige qui l’oppose aux juges myopes et impuissants de Bruxelles, cela signifiera que la liberté existe encore un peu en Europe, et si cela sonne le glas des pouvoirs de la bureaucratie européenne, ce sera tant mieux. Si la bureaucratie devait l’emporter, ce serait le signe que nous avons fait un pas supplémentaire vers l’agonie économique de ce continent en décidant de punir l’innovation et de récompenser la stérilité, le ressentiment, et l’incitation à la violation des droits de propriété.

Sur le même sujet,  voir aussi :  


"Microsoft face à la Maîtresse du Temps"
"Microsoft ou le shopping antitrust"  ("Microsoft Antitrust Shopping")
"Bruxelles et son problème de Microsoft"




Ecrit par Guy Millière
Le : 28/05/2006

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