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Une perspective libérale sur le conflit au Proche-Orient

Une perspective libérale sur le conflit au Proche-Orient

Daniel DORON aux Déjeuners du Sablon, organisés par l’Institut Turgot et l’Institut Hayek, 25 juin 2003

pDepuis la seconde intifada, les commentateurs et politiciens occidentaux versent des larmes sur la rupture du processus entamé à Oslo il y a dix ans. Personne ne s’est demandé si ces accords partaient sur une bonne base. La réponse de Daniel Doron, président de l’Israeli Center for Social & Economic Progress est négative. Les négociateurs ont uniquement tablé sur une approche politique, en dédaignant la problématique économique. Sans celle-ci, il est pourtant impossible que la paix puisse s’établir dans la région. Il est ainsi crucial qu’un marché libre se développe et substitue le goût de la liberté à celui de la réglementation (pour les Israéliens) et du nihilisme mortifère (dans le chef des Palestiniens).

Les accords d’Oslo sont tellement sacralisés que l’on oublie qu’ils ne pouvaient qu’échouer. Après leur signature en 1993, la haine et la violence anti-israéliennes, jointes à la misère croissante des Palestiniens, ont pris un essor dramatique. Cette situation n’a fait qu’empirer à cause non seulement de la fanatisation opérée par l’Autorité palestinienne, mais aussi de l’aveuglement des politiciens israéliens de gauche et de droite qui se sont obstinés à chercher une " solution politique ", mais n’ont fait de la sorte que radicaliser le conflit. Ils ont notamment accordé une confiance aveugle dans la promesse d’Arafat de mettre hors d’état de nuire les terroristes du Jihad islamique et du Hezbollah. Or, le leader du Fatah s’est exclusivement acharné sur ses concitoyens aspirant à commercer avec Israël, et a conduit à ruiner l’économie palestinienne.

À la source de la propagande efficace diffusée en Occident, il faut citer le mythe du " vol des terres palestiniennes ", dont on connaît un avatar avec l’emploi permanent de l’expression médiatique des " territoires occupés ". Or rappelons que, en dépit des multiples occupations étrangères (babylonienne, perse, romaine, ottomane, britannique, etc.), Israël a toujours été peuplé principalement par des Hébreux. Après la conquête de la Terre sainte par les Arabes, un faible pourcentage de terres a fait l’objet de droits de propriété. Celles-ci ont été bien entretenues tandis que celles restées sous la tutelle politique ont été envahies par des marécages infestés par la malaria. Cette part majoritaire laissée à la propriété publique s’est poursuivie sous la domination ottomane entamée en 1517 : les autorités possédaient 93 % des terres, de sorte que seuls 7 % du sol formaient des propriétés privées. Autrement dit, l’administration ottomane détenait un véritable monopole foncier. Quand, en 1919, à l’initiative de la Grande-Bretagne, le Foyer national juif a été reconnu, ce sont ces terrains publics qui ont été distribués. Aujourd’hui, l’Etat n’est évidemment plus le même, mais la primauté accordée à la propriété étatique n’a pas beaucoup évolué. Néanmoins, la Cour suprême israélienne essaye de se montrer plus respectueuse du Droit de propriété. Quand, par exemple au cours de réquisitions policières et militaires, les autorités violent ce droit fondamental, les compensations se révèlent assez généreuses.  

Par ailleurs, précisons que l’immigration arabe en Palestine est due au dynamisme des Israéliens, qui ont développé une agriculture productive et riche, entraînant une prospérité nouvelle. Ensuite, autre point à corriger, les gouvernements arabes - suivis fidèlement par les intellectuels occidentaux, qui se focalisent aujourd’hui sur la prétendue usurpation des terres " palestiniennes " ont délibérément saboté les négociations de 1947-48 sur la partition du territoire entre Israéliens et Arabes. Aucun d’eux n’a reconnu le droit d’Israël à exister, et de surcroît tous ont refusé que soit fondé un nouvel État arabe (sauf si celui-ci prenait la place de l’État hébreu, bien sûr)... qu’ils réclament maintenant à corps et à cris. Il faut bien comprendre que le terme " palestinien " dans son sens irrédentiste date d’après 1967. Ainsi, à cette époque, la Cisjordanie n’a pas été perdue par les "Palestiniens", mais par l’armée jordanienne qui avait agressé l’État israélien en 1948 et annexé une partie des territoires (sauf la bande de Gaza, sous tutelle égyptienne). En résumé, il n’y a jamais eu de terres palestiniennes volées par les Israéliens, mais bien des occupations arabes en terre israélienne.

Les médias et gouvernements occidentaux parlent systématiquement d’occupation israélienne dans la bande de Gaza. C’est une duperie, car si la Cisjordanie est bel et bien occupée, c’est par l’organisation criminelle de Yasser Arafat. Au demeurant, les dirigeants israéliens - et occidentaux - ne sont pas exempts de toute responsabilité dans cette situation catastrophique pour la population locale. Car MM. Rabin et Pérès, ainsi que le président Clinton, ont toujours voulu considérer le chef de l’OLP comme un interlocuteur valable ainsi que comme le représentant légitime des Palestiniens.

Gaza a été administré par les Israéliens de 1967 à 1994 (date du retour d’Arafat de son exil tunisien). De cette période, plusieurs faits ressortent - bien qu’ils soient, en règle générale, occultés ou déformés. Grâce à une notable libéralisation économique, beaucoup d’Arabes ont pu développer leur propre entreprise et, donc, créer des emplois. Les effets ne se sont pas fait attendre : le niveau de vie a quadruplé (deux ans seulement après l’arrivée des Israéliens !), la mortalité infantile a sensiblement reculé, la sécurité des personnes a été renforcée. Les marchés palestiniens ont totalisé 300 millions $/an, soit la moitié de l’aide internationale et un quart du PNB. Paradoxalement, Israël y a favorisé l’implantation d’un libéralisme qu’il refusait d’appliquer au sein de sa propre société écrasée par l’étatisme et dominée par l’économie mixte ! En outre, à la faveur de l’essor économique palestinien, des établissements scolaires ont été fondés, et des jeunes ont même pu aller étudier en Israël.

Jusqu'à Oslo, peu d’attentats ont d’ailleurs dû être déplorés. Certes, chacun se rappelle la première intifada. Toutefois, il ne s’agissait pas d’attaques expressément dirigées contre l’"occupation" israélienne, mais plus exactement d’une révolte fiscale. À la différence de la seconde - démarrée en 2000, qui vise à la fois à déborder Arafat sur sa gauche (quand les attentats n’émanent pas de sa propre décision) et à détruire Israël.

Il suffit de comparer avec la situation actuelle pour s’apercevoir du contraste saisissant. Sous la férule des séides islamo-marxistes d’Arafat, les jeunes Palestiniens ont plongé dans le chômage et l’assistanat offert par le pouvoir tutélaire. C’est ainsi que, pour échapper à l’oisiveté, ces jeunes gens fanatisés par la propagande anti-israélienne, sont prêts à devenir de véritables bombes humaines et passent aux actes sans état d’âme. Il est à noter que leurs familles sont grassement récompensées pour ces faits d’armes criminels par plusieurs États -voyous (tels que le régime de Saddam Hussein et la Syrie).

À noter aussi que la nouvelle intifada n’est pas tellement le fait d’Arabes vivant en Israël. Au contraire, ils y vivent bien et ne veulent certainement pas rejoindre leurs frères à Gaza. Par la faute de la kleptocratie conduite par le clan Arafat - qui récolte notamment l’argent de l’aide internationale et s’en sert pour payer de nouveaux bureaucrates et s’acheter des armes, les commerces se sont déplacés vers les zones israéliennes. En vérité, la plupart des attentats perpétrés à Jérusalem-Est le sont par des groupes terroristes venus de l’extérieur.  

Pour sortir de cette impasse tragique, on pourrait envisager une confédération de type helvétique. Mais il importe surtout de créer des conditions économiques propices à la stabilité et à la paix. Le développement économique des Arabes permettrait en effet de favoriser un bon voisinage entre les deux adversaires en brisant la tutelle exercée par le Fatah sur les jeunes désœuvrés. Pour ce faire, les Palestiniens doivent se désolidariser et se débarrasser des terroristes qui sabotent toute coopération entre eux et les Israéliens. Mais, d’autre part, le gouvernement israélien devra réorienter son économie vers un libéralisme cohérent, tout particulièrement en supprimant le protectionnisme douanier qui jette chaque jour davantage les Arabes de la région dans la soumission aux diktats de l’Autorité palestinienne. Pour que revienne la paix, le libre-échange et la déréglementation de l’économie doivent constituer le socle des relations israélo-palestiniennes.

Par ailleurs, les Occidentaux ne doivent pas s’aveugler sur les prétendues bonnes intentions de Yasser Arafat et de ses amis ou rivaux (cf. Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen). Il a été et reste un terroriste assoiffé de pouvoir et complotant en vue de la destruction d’Israël, prêt à conduire ses concitoyens à la mort. À ce titre, il ne peut être considéré comme un interlocuteur légitime, mais doit être clairement vu pour ce qu’il est : un ennemi du monde (semi-)libre. Par conséquent, l’Europe doit rompre avec son habituelle complaisance pro-palestinienne et pro-islamiste. Car le danger extérieur qui menace aussi bien Israël que les pays occidentaux ne doit pas être tu, mais être combattu : il s’agit du terrorisme islamiste.



Ecrit par Daniel Doron
Le : 18/06/2003

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